• Nicolas J. Preud'homme

Humanisme versus inhumanité

Attention aux idées que nous choisissons de suivre. J'ai à plusieurs reprises vu ou entendu des prédicateurs évangéliques condamner l'humanisme, en semblant l'assimiler à une forme de pensée molle, de mélange hybride incertain, un athéisme qui ne disait pas son nom. C'est oublier tous les humanistes qui croyaient en Christ et qui, par leur pensée critique et leur modération, ont fait honneur à cette foi : Érasme, Montaigne, Thomas More, Guillaume Budé, et plus récemment Emmanuel Mounier, Teilhard de Chardin, Julien Green.


L'humanisme, c'est l'émancipation de l'être humain, or, "c'est pour la liberté que Christ nous a affranchis" (Galates 5:1). La foi ne doit pas être une chaîne remplaçant d'autres chaînes, mais une vocation spirituelle d'altruisme et de dévouement, un service rendu pour nos contemporains, un devoir d'édification vers la bonté, vers l'intelligence, vers la beauté. Certes, il y a des humanistes qui pensent que l'émancipation de l'homme peut se passer de la foi en Dieu. Mais que devons-nous préférer : un croyant obscurci qui fait le mal en croyant servir Dieu, ou un incroyant intègre qui fait le bien fidèlement à sa conscience ?

Chrétiennes, chrétiens, ne vous laissez pas berner par la folie des extrémistes. L'humanisme ne tue pas, alors que des gens ont tué au nom d'un christianisme extrémiste.

Faites attention à ceux qui évoquent le Christ sans suivre son exemple de dissident pacifiste face à l'oppression d'un système religieux violent et injuste.

Personne divine parce que modèle d'humanité, Christ a dévoué son temps et ses dons aux plus fragiles, promu l'esprit critique face aux préjugés aveugles des religieux, établi des ponts entre les différentes communautés. Qu'est-ce cela, sinon l'essence même de l'humanisme ?


Oui, le christianisme que nous devons vouloir construire est un humanisme.


Nicolas J. Preud'homme.